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L’employeur a émis une communication aux employés de l’APS au sujet de la révision salariale de cette année. Le document provenant du service de Personnes et Culture a été envoyé par courriel.

L’APS critique depuis longtemps les conséquences négatives contenues dans l’application de la politique de rémunération de CBC/Radio-Canada. L’annonce de cette dernière communication nous donne l’occasion d’y revenir au bénéfice de nos membres.

La note de service donne l’impression que l’APS a négocié une augmentation de 1,5 % pour les membres de l’APS : « Le budget pour les employés représentés par l’APS, tel que négocié dans la convention collective, s’élève à 1,5 %,...». Toutefois, le libellé du contrat est différent puisque le 1,5 % ne représente qu’un minimum.  « La valeur du budget de révision annuelle ne sera pas inférieure à 1,5 %... » – (Annexe « G » paragraphe 1 de l’entente).

Le mémo donne également l’impression trompeuse que la progression salariale à la disposition des employés en surplus des augmentations régulières est contrôlée que par les gestionnaires. Il indique que les gestionnaires ont l’option d’octroyer ces augmentations : « Les gestionnaires peuvent recommander qu’une augmentation de salaire puisée à même le budget de progression soit accordée, sur une base prioritaire, à des employés qui donnent entière satisfaction à leur poste et dont le salaire se situe sous le point milieu de leur plage salariale. ». Cette déclaration est exacte, cependant, le mémo ne fait aucune référence sur la progression automatique applicable à tous les employés. Encore une fois, la convention collective nous présente une version différente, où les gestionnaires n’ont aucun rôle à jouer : « Les employés affichant un rendement soutenu progresseront jusqu’au point milieu de la zone de référence… au début de la huitième année. » - (Annexe « G », paragraphe 3 de l’entente). Cela signifie que tout employé dans cette situation atteindra automatiquement le point milieu de la zone de référence sans aucune intervention de la part d’un gestionnaire.

Le mémo donne également un portrait incomplet du processus de révision en cas de désaccord avec une évaluation du rendement. Les employés qui protestent l’évaluation émise par leur gestionnaire peuvent effectivement ajouter leurs commentaires sur le formulaire, mais lorsque cette case est finalement cochée, le système efface l’opposition de l’employé sans son autorisation, et ce, avant le 5 juillet.  En fait, il n’y a aucune obligation pour un employé de cocher la case : « Je suis d’accord avec le contenu et la cote ». Les employés mécontents peuvent communiquer avec leurs représentants syndicaux pour déposer un grief, au besoin. Cette éventualité n’est pas mentionnée dans le communiqué et devrait l’être.  Une cote négative à votre dossier amène d’autres ennuis en plus d’une augmentation salariale inférieure. Entre autres, cela vous empêchera d’atteindre le point milieu de la zone de référence au début de votre huitième année de service. De plus, une cote négative devient un facteur de sélection en cas de suppression de postes.  Le volet concernant les désaccords sur le résultat de la cote de rendement émis par le gestionnaire est ainsi omis dans le communiqué en escamotant le processus du recours à un grief des employés mécontents d’une cote de rendement inéquitable.

Le mémo fait mention des augmentations salariales sans dévoiler les nouvelles plages. Il empêche l’employé d’être en désaccord avec son augmentation en raison des nouveaux niveaux des plages salariales. La réunion de chaque employé est prévue avec son gestionnaire avant le 21 juin tandis que le mémo mentionne que les nouvelles plages salariales seront dévoilées au plus tard le 24 juin. C’est une autre entourloupette de la Société pour empêcher les employés d’exprimer leur désaccord en cachant de l’information reliée à leur situation salariale.

CONSÉQUENCES NÉGATIVES DE L’AUGMENTATION DES ÉCHELLES SALARIALES

Les problèmes liés aux augmentations salariales figureront en priorité de l’ordre du jour de l’APS lors de la prochaine réunion du Comité mixte national qui aura lieu le 26 juin. 2019 à Montréal non seulement en raison des lacunes contenues dans le dernier communiqué de l’employeur, mais aussi en raison du mécontentement croissant lié à l’application d’augmentations des échelles salariales. C’est la troisième année consécutive que l’employeur augmente les échelles salariales afin de s’aligner avec le marché. Mais dans le cas de CBC-Radio-Canada, ces augmentations ne s’appliquent pas aux employés. Contrairement aux politiques dans d’autres organisations, l’augmentation des plages salariales ne vise pas les employés. Les plages salariales augmentent parce que CBC/Radio-Canada a négligé de suivre le marché du travail, mais les employés sont laissés pour compte, au même salaire qui n’augmente que par leur cote de rendement annuel. La seule exception à cette règle se produit à la huitième année de service de l’employé où il y a obligation de progresser au point milieu de la zone de référence. L’accumulation des augmentations des plages salariales suscite chez certains l’espoir ridicule de chuter sous le point milieu afin de recevoir les mêmes augmentations que leurs collègues situés sous le point milieu de leurs échelles salariales.

Malgré de vives protestations d’une approche équitable à l’égard de tous les employés, CBC/Radio-Canada applique toujours la même règle : aucun ajustement du marché n’est offert à ses employés. Le résultat final est que la grille des augmentations au mérite contenue dans les lignes directrices salariales démotive les employés. Les montants plus élevés ne sont accessibles qu’à une minorité. Par conséquent, l’APS remet en doute l’ensemble du système d’augmentation. Il est certain que ce point sera sur la table lors de la prochaine ronde de négociations. Les membres de l’APS voudront-ils continuer dans la même direction ou opteront-ils pour un système qui prévoit le même montant d’augmentation pour tous les employés, incluant les ajustements en lien avec le marché du travail?


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